Troisième rapport d’évaluation nationale des risques de blanchiment d’argent et de financement du terrorisme
Berne, 14.10.2026 — Lors de sa séance du 14 octobre 2026, le Conseil fédéral a été informé du troisième rapport d’évaluation nationale des risques de blanchiment d’argent et de financement du terrorisme. L’exposition de la Suisse à ces risques reste stable, le crime organisé, la corruption, les infractions contre le patrimoine et les délits fiscaux constituant les menaces principales.
Le troisième rapport du groupe de coordination interdépartemental pour la lutte contre le blanchiment d’argent, le financement du terrorisme et le financement de la prolifération (GCBF) montre que les risques liés au blanchiment d’argent et au financement du terrorisme n’ont pas beaucoup évolué depuis 2021. Les progrès technologiques, les changements géopolitiques et les développements réglementaires les ont toutefois influencés.
La Suisse est la cible des criminels en raison de l’importance de sa place financière et de son imbrication dans les systèmes internationaux. Les risques auxquels elle est exposée sont essentiellement liés à des infractions préalables au crime organisé, à la corruption, à la criminalité contre le patrimoine et à des délits fiscaux. Compte tenu de la grande imbrication de la place financière suisse sur le plan mondial, ces risques comportent souvent une dimension internationale. Ils restent pour l’instant relativement limités s’agissant du financement du terrorisme. L’analyse présentée dans le rapport montre en outre que certains secteurs courent un risque particulièrement élevé de blanchiment d’argent et de financement du terrorisme en raison de leur forte exposition à l’étranger, de leur recours accru aux nouvelles technologies et de leur toute récente réglementation.
Sur la base de ces enseignements, le GCBF recommande dans son rapport de doter les autorités de surveillance et d’exécution de suffisamment de ressources, d’améliorer les bases de données et d’intensifier les échanges entre les acteurs concernés. Il préconise en outre d’évaluer l’efficacité du système de communication, du contrôle des métaux précieux et du nouveau registre de transparence et de prendre, au besoin, des mesures d’amélioration. Enfin, il suggère de poursuivre la mise en œuvre des modifications réglementaires déjà prévues dans les domaines du crime organisé et des instruments de surveillance. Le Conseil fédéral et les autorités compétentes attachent une grande importance à l’efficacité des mesures de lutte contre le blanchiment d’argent et le financement du terrorisme, et examinent en permanence les possibilités d’amélioration.
L’analyse nationale des risques dont il est question porte sur l’identification, l’examen et l’évaluation de tous les risques de blanchiment d’argent et de financement du terrorisme auxquels la Suisse est exposée. Elle complète la stratégie de lutte contre le blanchiment d’argent et le financement du terrorisme adoptée le 20 mars 2026 par le Conseil fédéral et s’inscrit dans la continuité des analyses nationales des risques effectuées en 2015 et en 2021. Elle permet aux autorités et aux offices concernés de coordonner leurs activités et de se concentrer sur les principales menaces.
